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Mieux connaître les HSH en Afrique de l’Ouest

Les premières données de l’étude ANRS CohMSM menée chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes au Burkina Faso, Sénégal, Mali et Côte d’Ivoire, données présentées le 21 juillet à Durban, plaident en faveur des traitements en prévention (PrEP) chez les HSH d’Afrique de l’Ouest.

On sait que les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) font partie des populations les plus exposées à l’infection par le VIH, notamment en Afrique. Mais on connait mal cette population. L’étude ANRS CohMSM doit permettre d’obtenir plus des données sur les HSH africains afin notamment de mettre en place de nouvelles stratégies de prévention. « Pour prendre des décisions, précise le Pr Delfraissy, on manque de données sur qui sont-ils, quel est leur environnement, quels sont leurs comportements, leur acceptabilité d’un suivi, les craintes d’un rejet… ».

386 HSH séronégatifs ont été recrutés dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest - Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali et Sénégal - et ont été suivis pendant six mois : rendez-vous trimestriel, pendant lequel était effectué un dépistage du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles (IST), accompagné de conseils de prévention et d’une mise à disposition de préservatifs. Ils pouvaient bénéficier d’une prise en charge médicale en cas d’infection.

Résultats : un taux d’incidence annuelle de 4,8% (8 participants infectés pendant la période de suivis soit 4,8 individus sur 100 contaminés en un an). Ce qui signifie que les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes de ces pays d’Afrique de l’Ouest sont éligibles à la PrEP. En effet, depuis 2015, l’OMS recommande, de donner accès au traitement préventif pré-exposition (Truvada) aux populations présentant une incidence annuelle d’infection de 3%. Par ailleurs, ces hommes se sont montrés très demandeurs d’un suivi et d’un dépistage puisque 82% des participants se sont rendus au premier rendez-vous et que 69% sont revenus pour le deuxième. Pour Christian Laurent, (Institut de recherche pour le développement, unité TransVIHMI) « ces résultats confirment qu’il y a une demande de la part de ces hommes, d’avoir accès à un suivi adapté et au dépistage. C’est la preuve qu’ils sont tout à fait conscients d’être confrontés à un risque plus élevé de contamination ».

L’étude a été menée par Christian Laurent (Institut de recherche pour le développement, unité TransVIHMI) avec ARCAD-SIDA (Bamako, Mali), Espace Confiance (Abidjan, Côte d’Ivoire), la Division SIDA/IST, Ministère de la Santé, de l’hygiène publique et de la prévention (Dakar, Sénégal), le Centre Muraz et REVS+ (Bobo-Dioulasso, Burkina Faso), Alternatives-Cameroun (Douala, Cameroun), Coalition Plus (Paris, France) et l’unité SESSTIM UMR 912 (Inserm/IRD/Université Aix-Marseille, France).

Prochaine étape : L’étude CohMSM va se poursuivre sur une période de trois ans, sous l’égide de l’ANRS et d’Expertise France afin de vérifier l’acceptation d’un tel suivi sur le long terme.