L'ESPACE FRANCOPHONE AIDS 2016

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De Durban à Durban

16 ans après, la Conférence internationale sur le sida revient à Durban. AIDS 2000/AIDS 2016: 16 ans qui résument bien l’évolution de l’épidémie mondiale. Ses progrès. Et ce qu’il reste à faire.

Durban, juillet 2000. 12.000 personnes participent à la 13ème conférence internationale sur le sida, la première dans un pays en développement. Tout un symbole. L’Afrique du sud est alors le pays avec la plus forte prévalence, un pays en plein déni. Le président Thabo Mbeki met en cause la présence du sida dans son pays et sa ministre de la Santé interdit les antirétroviraux pour prévenir la transmission mère-enfant. « Breaking the Silence »: le thème de la conférence était bien choisi.

Dans son rapport de 2000, l’Onusida, dressait « un sombre tableau » avec seulement « quelques lueurs d’espoir ». En 1999, près de 5 millions et demi de personnes avaient été infectées par le VIH. 2,8 millions étaient mortes du sida, près de 19 millions depuis le début de l’épidémie. Plus de 34 millions de personnes vivaient avec le VIH, dont presque 25 millions en Afrique du sud.

Peter Piot alors directeur du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA déclarait : « la véritable tâche consiste à intensifier massivement la volonté politique, les ressources, les systèmes et l’engagement social nécessaires pour inverser le cours de l’épidémie ». Durban, juillet 2016. 20.000 personnes sont attendues pour la 21ème conférence internationale, dans un contexte où la courbe de l’épidémie s’est effectivement infléchie. Les nouvelles infections à VIH chez les adultes et les enfants ont diminué de 40 % après avoir atteint un pic en 1997. Aujourd’hui, l’objectif affiché est de mettre fin à l’épidémie d’ici 2030. Les progrès sont notables, à l’instar de ceux fait en Afrique du sud qui s’est lancé au début des années 2000 dans la lutte contre le sida. Pratiquement 3,3 millions de personnes sont aujourd’hui sous traitement, un record dans le monde. Et les nouvelles infections chez les enfants ont baissé de 86 %.
Pourtant, l’épidémie est loin d’être vaincue et le thème de la conférence 2016, “Access Equity Rights Now”, montre bien que beaucoup reste à faire. Un seul chiffre: 60% des personnes vivant avec le VIH dans le monde n’ont toujours pas accès aux antirétroviraux. Il y a quelques jours, l’ONUSIDA s’alarmait de voir les nouvelles infections chez les adultes, dont le nombre n’a pas baissé depuis au moins cinq ans. Le rapport sur le retard en matière de prévention montre que près d'1,9 million d'adultes par an sont infectés par le VIH sur au moins les cinq dernières années et que les nouvelles infections chez les adultes augmentent dans certaines régions. L'Europe de l’Est et l'Asie centrale ont ainsi vu le nombre de nouvelles infections augmenter de 57 % entre 2010 et 2015. En 2014, les populations clés, dont les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, les professionnels du sexe et leurs clients, les personnes transgenres, celles qui consomment des drogues injectables et les prisonniers, représentaient 35 % des nouvelles infections à VIH à l'échelle mondiale. « Selon les estimations, constate l’ONUSIDA, les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes ainsi que les personnes qui consomment des drogues ont 24 fois plus de risques d’être atteints par le VIH que la population générale, tandis que les professionnels du sexe 10 fois ».

« Nous tirons la sonnette d'alarme », explique Michel Sidibé, directeur exécutif d'ONUSIDA. « Les atouts de la prévention ne sont pas exploités. En cas de résurgence des nouvelles infections à VIH, l'épidémie deviendra impossible à maîtriser. Le monde doit immédiatement mettre en œuvre les actions requises pour mettre fin au retard pris en matière de prévention. »